IA & HORIZONS | Spécial WAIFF 2026

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28 Apr, 2026

par Chiara Sottocorona –

Experte en IA et Médias de l’ Institut-EuropIA

Dans la photo le soir du 22 avril au Palais de Festival de gauche à droite : l’actrice Agnes Jaoui, Présidente du jury, avec Charles Ange Ginésy président du Département des Alpes-Maritimes et Marco Landi, président de l’Institut-EuropIA, idéateur du WAIFF. En haut l’image du Trophée, la sculpture d’une spirale à double ruban crée par l’artiste Franz Fischnaller.


World AI Film Festival, deuxième édition. Un an après TOUT a changé ! A partir du lieu : Cannes. Le WAIFF a conquis sa place dans le temple du cinéma, avec deux formidables Cérémonies qui ont fait le plein de la grande salle Débussy  au Palais des Festival. Celle d’Ouverture, débutée avec le live de la  « Symphony of A.I. & Human » interprétée par le Seocho Philharmonie Orchestra et l’l’Ensemble ARKO, et celle de remise des Awards, très glamour et très riche en émotion.  En présence de grands noms de la scène artistique internationale : l’actrice Gong Li,Présidente du Waiff 2026, et le musicien, compositeur Jean Michel Jarre, Ambassadeur du festival.


Gong Li et Jean Michel Jarre à la montée des marches


Une ovation de la salle a accompagné l’entrée de Claude Lelouch, Président d’honneur, qui avait déjà présidé la première édition du WAIFF, toujours aussi passionné d’expérimentation et curieux des nouvelles formes d’expression.  « Merci de m’avoir fait rajeunir de 60 ans grâce à l’arrivée du cinéma IA » a -t-il dit à David Lisnard, le Maire de Cannes, et aux autres intervenants. Le jour avant, pendant un débat avec un autre un autre metteur en scène, Matthieu Kassovitz, organisé au WAIFF, Lelouch avait affirmé : « J’aime les acteurs et jamais on ne pourra le remplacer. Mais plus l’IA me provoque, plus j’ai envie de m’amuser. Je vais filmer un gros match entre les acteurs et les personnages de l’intelligence artificielle. Qui gagnera je ne le sais pas… »

Marco Landi, Charles Ange Ginésy, Claude Lelouch et David Lisnard à la cérémonie d’ouverture


Le WAIFF cette année c’est un vrai changement d’échelle : avec 5.500 candidatures arrivées de 80 pays (contre le 1.300 venant de 54 pays de l’année dernière) la dimension et l’ambiance internationale sont  encore plus affirmées. 

Le « Road to Cannes », véritable tour du monde du cinéma AI entrepris par Marco Landi et ses équipes, a permis de déployer des festivals satellites tenus à fin février à Sao Paulo, au Brésil, au début mars à Seoul, au Corée, à fin mars àKyoto, au Japon- et en avril à Pékin, Chine, où des jurys locaux ont choisi les œuvres portées à l’international et présentées à l’édition de Cannes. Pendant laquelle les délégations arrivées de tous ces Pays ont été accueillies.

 Une présélection opérée aussi par les partenaires du festival, Studio Lafitte, Genario et Tech Cannes, a permis de soumettre au Jury et de montrer aussi au public, dans le Cinéma Arcade, 70 films finalistes de grande qualité, provenant de 20 pays. 

La transformation portée par l’IA traverse tous les formats de l’univers cinématographique : courts-métrages, films d’animation, documentaires, films publicitaire, séries, clips, films d’art. Les outils d’IA ont permis d’explorer des nouvelles formes de narration, de donner vie à l’imaginaire et de faire exploser la créativité, comme bien reconnue dans les 13 prix attribués.

 « Le basculement est là : quand tout devient techniquement possible ce qui compte désormais c’est la vision, l’intention et surtout la narration » dit Julien Raout fondateur du Studio Lafitte et directeur artistique du festival. La place de l’humain reste au centre, les nouveaux talents sont en train de se révéler. « Ce n’est pas la même chose que dans le travail collectif, la différence est que si vous décidez avec l’IA vous êtes plus seul » a observé Matthieu Kassovitz. « Les modèles dont on dispose aujourd’hui sont extrêmement performants, et ils vont encore évoluer. Quand je regarde les acteurs générés par l’IA m’est arrivé une fois de prouver de l’émotion, mais ce n’est pas usuel ». 


                                                                 Les choix du Jury

L’émotion c’est le cadeau que le cinéma nous a toujours donné.  Dans tous les temps, du cinéma muet, en noir et blanc, au cinéma en couleur des stars hollywoodienne, des films d’auteur aux blockbusters à effet spéciaux, la recherche de sensations et la capacité de représenter des histoires a été la finalité de metteurs en scène. Sera-t-il donc possible avec la nouvelle génération du cinéma IA avoir des résultats similaires ?

Les 9 Prix présentés pendant la soirée du 22 avril sont révélateurs d’une grande évolution : plutôt que la sophistication technologique, le jury a cherché de primer la capacité de faire du vrai cinéma avec ces nouveaux outils. « L’IA devient aujourd’hui la nouvelle caméra au service des créateurs, mais la créativité et la passion pour raconter une histoire restent, elles, entièrement humaines » a dit Marco Landi. « S’approprier de l’IA parce que soit au service de l’homme et pas l’inverse c’est le combat que nous menons »   a rappelé Charles Anges Ginésy avant la remise de Prix. « Nous faisons un choix clair : d’en faire un outil au service de la création ».  

Une grande diversité d’histoires, soit drôles, soit dramatiques, soit fantastiques, a défilé sous les yeux des participants à la cérémonie. Avec des formats plus longs que l’année précédent : il ne s’agit plus de voir que des clips destinés aux plateformes Web. Dans le choix des finalistes et des œuvres primées cette année on trouve des court-métrages, des séries, des vrais documentaires (qui passeront à l’antenne dans les prochains mois).


                                                                     Les Prix

Prix WAiFF 2026

Allons explorer ces nouveaux univers cinématographiques réalisés avec les outils d’IA à travers quelques exemples des films primés.

Best AI Action Film


A dollar story, raconte d’une façon très originale, avec un style bien rythmé, les vicissitudes et le voyage à travers le temps d’un billet de dollar, qui passe de main en main, qui voit mille et une chose et qui finit en morceaux dans les mains d’une petite fille. E celle-ci le plante dans un pot comme s’il pouvait repousser. Une narration pleine de clin d’œil aussi à des chefs d’œuvre du cinéma.


Best AI Emotion film, l’auteur Diab Ibraheem sur scène.


The Beginning   est le film qui a suscité plus d’émotion, à juste titre : c’est l’incroyable histoire vraie d’un enfant africain qui voulait tout simplement aller à l’école. Mais la guérilla investit son école et détruit sa famille. Il s’est retrouvé seul, à 8 ans, à fuir en devant traverser plusieurs pays, en faisant 3500 km à pied, pour arriver jusqu’aux côtes méditerranéens et là il est monté à bord des canots avec d’autres migrants.  Mais il ne réussira à arriver en Europe qu’après plusieurs tentatives. 

« Grâce à l’IA aujourd’hui vous pouvez voir avec mes yeux tout ce que j’ai vécu, avant the Beginning : avant le commencement de ma nouvelle vie en liberté et sécurité  »  a dit Diab Ibraheem, en recevant le prix. 

En fin de cérémonie Marco Landi a voulu rendre hommage au courage de cet auteur et à sa capacité de mettre en scène ses dramatiques souvenirs avec une grande créativité et à l’aide des outils d’IA.


Marco Landi avec Diab Ibraheem, le réalisateur qui a reçu le Prix Émotion et Charles Anges Ginésy.


Le Grand Prix du meilleur film AI a été attribué à Costa Verde, un court-métrage d’une vingtaine de minutes réalisé par Léo Cannone, qui avait gagné aussi le Prix Fantaisie.

Best AI Film


Il ne ressemble pas du tout à un film généré par l’IA, le style est plutôt celui de la caméra cachée ou du vieux Super8 familiale. C’est le récit d’une vacance d’été en Corse, vue par les yeux et l’imagination d’un enfant qui découvre le lieu de ses grands-parents, à la campagne. Les prises d’image sont très mouvantes, quelquefois aussi floues, en suivant des détails, des scènes de vie familiale, des événement comme un incendie sur les crêtes, l’irruption des différents animaux, que la fantaisie de l’enfant transforme de fois en dragons ou sirènes. Sans doute originale. 

L’avantage de l’IA est que même sans recourir à des effets spéciaux spectaculaires permet plus facilement de donner vie à l’imagination ou donner forme à des souvenirs. Ces nouveau -outils technologiques jouent un rôle très important aussi quand il s’agit de représenter les événements du passé. On l’a vu dans les Long-métrages en concours, dont les finalistes ont été trois productions française (présentées par MiniMax et HailuoAI) :

  • Napoléon III – Le prix de l’audace — de Edouard JACQUES 
  • Masque de fer, l’énigme du Roi Soleil — de Enora CONTANT 
  • Knut, The Viking Emperor — de Valentine JORDAN 

 

Le prix du meilleur Long-métrage a été attribué à Napoléon III-Le prix de l’audace

Un film à épisodes dont le premier « La conquête du pouvoir » a été visionné au WAIFF.


Best AI Feature Film


L’IA peut transformer radicalement la manière de fabriquer des documentaires, comme on a vu aux rencontres professionnelles, les ProTalk, tenus le 21 avril au WAIFF.  C’est le cas de Chasseurs de Fauves, un documentaire historique qui raconte une histoire oubliée de l’empire romain : celle des animaux. Des milliers de fauves, capturées en Afrique, transportées jusqu’à Rome, ou à Nimes, Arles, Narbonne, préparées et dressées pour être jetés dans les arènes. Co-produit par AH Production et Adline, avec la participation de la chaîne tv française Novo 19, le documentaire basé sur des solides recherches historique et les interviews à des spécialistes, met en scène grâce à l’IA cette organisation à grande échelle de l’ancienne Rome et les combats des gladiateurs avec les animaux. « Sur 52 minutes de film on a environ 40 minutes d’images réalisées avec les outils d’IA » nous dis la réalisatrice Enora Contant. « On a utilisé l’IA seulement pour le visuel, ni pour l’écriture, ni pour les recherches ». 

D’autres prix ont été attribués dans la première journée du WAIFF 2026 par les professionnels, comme Best 8th Art, présenté par le partenaire Genario, pour récompenser « Une œuvre qui invente une nouvelle forme de narration à la croisée du cinéma, de l’animation et du récit » ou CapCut Prize, un prix dédié aux workflows créatifs nouvelle génération, agiles et puissants, ou encore le Prix du Film publicitaire, attribué par le Studio Lafitte, et le Prix de la Presse, qui avait entre autres sélectionné une œuvres arrivée au grand final : 

La Sélection Mécanique de Jules Blachier, gagnant du Prix Animation


Best AI Animation Film Jules Blachier avec le trophée sur la scène.


La drôle et symbolique histoire d’une sorte de lutte de classe entre un groupe de vieux petits robots, très malins, qui sont remplacés dans l’usine par des nouveaux robots humanoïdes de grande taille et plus performants.  Mais la boucle n’est pas bouclée et l’issue sera la même.

Dans les films d’animation les possibilités offertes par l’IA sont immenses, comme témoigne aussi le travail de la jeune génération. Une trentaine de films réalisés par les étudiants de différentes écoles de cinéma et du numérique ont été montrés pendant le WAIFF au cinéma Arcade. Quatre prix ont été attribués, dont le Prix Animation, gagné par l’ICAN de Paris.  Skolae (réseaux de 23 écoles pionnières dans la formation en l’IA) a attribué aussi un Prix Coup de Cœur à Bad news Vlad, un film réalisé à 100% avec l’IA, sur la compétition dans la conquête de l’espace. Et le Grand prix étudiant a été attribué pour l’émotion qu’il génère à The vidéo tape :  l’histoire d’un père disparu, qui se rend compte qu’il n’a pas assez donné à son fils, il revient sur terre et lui apparait pour échanger un bref moment de tendresse et vérité.  

Les émotions ne sont pas finies, on attend la prochaine vague au WAIFF 2027 qui sera encore plus riche : Marco Landi a déjà annoncé la présence d’une dizaine de pays à la prochaine édition à Cannes, un festival toujours plus international !


Marco Landi avec Ruby Yang, réalisatrice oscarisée, qui travaille entre les Etats-Unis et la Chine, et Roberto Amoroso, producteur italien de cinéma et de télévision, deux membres du jury.


Le grand final au Palais des Festival

Le jury, les organisateurs et les auteurs primés sur scène, avec les lunette rouges, emblème du festival.


Le Trophée du WAIFF 2026

« L’hélice dorée s’élève avec une courbure fluide et calligraphique, l’ellipse noire tourne comme un motif musical, renforçant le dialogue entre mouvement et retenue. Le geste ascendant suggère l’instant où une idée prend forme, un déploiement concis qui jette un pont entre tradition et expérimentation dans la pratique cinématographique » Franz Fischnaller.


RDV à Cannes pour le WAIFF 2027 !


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